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Transportez-vous ! Transportez-vous !

Transportez-vous !

Au début des années 2000, les chercheurs Melanie Green et Timothy Brock ont étudié le « transport narratif ». Lorsqu’on lit une histoire (ou qu’on regarde un film, qu’on écoute un récit…), notre cerveau peut entrer dans un état d’immersion profonde. 

Ce transport combine plusieurs éléments :

  • une attention focalisée
  • des images mentales très vivantes
  • et surtout un engagement émotionnel fort

Résultat : vous êtes littéralement « transporté » dans l’histoire. Et ce n’est pas juste une métaphore. Leur recherche montre que plus ce transport est intense, plus vous adhérez aux idées du récit et plus vous appréciez ses personnages… même fictifs.

Et peu importe si l’histoire est présentée comme vraie ou inventée. Le cerveau réagit avant tout à la narration, pas à son statut de vérité.

Ce transport n'est pas qu'une question de plaisir de lecture : c'est aussi un véritable mécanisme de persuasion. Quand vous êtes absorbé dans une histoire, vous avez moins tendance à « contre-argumenter » contre ce qu'elle raconte.

Les idées, les valeurs ou la vision du monde portées par le récit s'intègrent alors plus facilement, et viennent nourrir nos croyances en profondeur.

Le cerveau active des zones similaires en lisant une histoire qu'en vivant une interaction sociale réelle.

Un concept non scientifique a émergé ces dernières années. Une continuité logique du transport narratif, popularisée par des vulgarisateurs : Le « book hangover » (gueule de bois littéraire).

Plus le transport narratif a été intense (forte immersion, émotions, identification…) plus la sortie est brutale. Vous quittez un univers dans lequel votre cerveau était pleinement engagé.

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Transportez-vous !

Vous refermez doucement un livre que vous avez dévoré en quelques jours. Et vous ressentez de la tristesse de devoir « quitter » les protagonistes de cette fiction. Vous seriez-vous attaché.e à des personnages imaginaires ?

C'est pas ta faute

Votre enfant rentre de l'école avec sa fiche d'exercices. En l’écoutant lire ses devoirs, vous constatez qu'il dit « bans » au lieu de « dans », « dalle » à la place de « balle »… Vous soupirez. Encore ces maudits b et d. Et si ce n'était pas une erreur ? Et si c'était son cerveau qui avait raison depuis le début ?
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